Projet d'appui

 

 

Une interface d’appui et d’évaluation scientifique

 à un projet pilote de restauration (patrimoine):

« La maison constantinoise »

 

 

 

 

Chef de Projet :

BOUCHAREB Abdelouahab.

Maitre de Conférence

 

Durée : 3 années

 

COMPOSITION DE L’EQUIPE :

 

GHARBI Lakhdar : maitre-assistant Chargé de Cours

DEHABA Rachid  maitre-assistant Chargé de Cours

GUENADEZ Zineddine maitre-assistant Chargé de Cours

DEKOUMI Djamel maitre-assistant Chargé de Cours

BOUMAOUCHE Maitre-Assistant

MEZIANE Wissam Maitre-Assistant 

 

 

 

Introduction

Le patrimoine bâti suscite l’engouement et la mobilisation des plusieurs composantes sociales. Tantôt « politiciennes », tantôt « culturalistes », les approches pour sa revalorisation tendent à adopter des démarches privilégiant exclusivement les aspects administratifs et juridiques.

 Et pourtant le thème du patrimoine « bâti » possède dans ses multiples « replis »  des zones aussi intéressantes les unes que les autres. Dans ce sens, il convient de se pencher et de privilégier les aspects technico-artistiques, champs si important mais rarement approché. 

 Même les architectes en tant que principaux intervenants sur la revalorisation du patrimoine se perdent souvent dans les arcanes juridico administratives, et du coup, toute la richesse stylistique et artistique du fond matériel disparaît sous l’effet de l’usure du temps.

 

Ainsi, nous constatons qu’en l’absence d’un CORPUS regroupant tous les éléments matériels et artistiques fondamentaux de ce patrimoine, les modes opératoires d’intervention sur le patrimoine tendent à introduire des modèles stylistiques sans apparentement avec les « génotypes » locaux.

 

En prenant cette insuffisance comme « base » d’appui au travail présent, nous estimons qu’il est temps de réorienter la réflexion  sur la « production » ou la « reproduction » du patrimoine c’est-à-dire dans les directions privilégiant les aspects matériels et stylistiques.

 

Ainsi, les principaux objectifs (à longs termes) de ce travail visent :

  • La construction d’un corpus regroupant les « référents » architecturaux, artistiques et décoratifs appartenant  à la « maison constantinoise » ;
  • La revalorisation des « mécanismes » techniques de production  ou de « reproduction » des détails constructifs, architecturaux et artistiques  participant à attribuer un cachet particulier  au patrimoine bâti constantinois.

 

En d’autres termes, le présent travail tend à  investir le champs patrimonial en privilégiant le « produit »,  comme entité cristallisant le savoir-faire technique procédant d’un ensemble de valeurs « morales » et esthétiques, singularisant une société à un moment donné.

 D’un autre côté ce « patrimoine » permet d’identifier les principaux producteurs, en l’occurrence cette « caste » d’artisans qui s’effrite sous l’effet conjugué de l’industrialisation et de l’absence de perspectives.

 Et portant ces artisans détiennent un capital savoir si important que toute opération sur le patrimoine ne saurait s’en passer, sinon tout produit ne serait que simulacre.

 Dans cette optique, il s’agit de centrer l’objectif de ce travail sur le « produit » et sur le producteur. Cette orientation ne peut s’effectuer que par la revalorisation des métiers du patrimoine, dont la totalité est détenue par une frange d’artisans vieillissante et dont le capital savoir se perd à défaut de mécanismes de transmission et de formation.

 Le Projet « la maison constantinoise » une opportunité….(voir annexes)

Dans le cadre de l’élaboration d’un « Master plan » pour la vieille-ville de Constantine, en vue de son classement, un projet a été soumis aux Autorités locales s’inscrivant dans cette opération et visant à « expérimenter » des modes d’intervention sur une unité d’habitation :

. « La maison constantinoise »

Un projet pilote pour la sauvegarde de la Médina de Constantine

Il s’agit principalement d’apporter un soutien scientifique et technique aux acteurs locaux dont l’expérience dans le domaine reste en balbutiement.

 Ce projet, en partenariat, fait suite aux travaux déjà entamés entre le Département d’Architecture et d’Urbanisme (Université Mentouri- Constantine) et l’Ecole d’Architecture de Grenoble (et le Craterre). Il prendra la forme d’une ECOLE – CHANTIER, c’est-à-dire privilégiant la formation et l’apprentissage.

 Le projet pilote « la maison constantinoise » sur terrain consistera à restaurer et à réhabiliter une maison représentative du patrimoine architectural constantinois située en plein cœur de la Médina. Cette maison, quelque soit son état de conservation, fera l’objet d’une intervention élaborée et intégrée dans une stratégie globale de mise en valeur du patrimoine architectural constantinois.

 A long terme, l’objectif assigné à ce projet pilote est orienté vers :

1.       L’identification du patrimoine bâti figurant à Constantine

2.       la mise en place de mécanismes favorisant une véritable « professionnalisation » des acteurs et des métiers concernés par le patrimoine  

Le projet de recherche soumis au CRASC   

Saisissant l’opportunité de ce travail de terrain, l’équipe (des universitaires) partie prenante du projet pilote, estime qu’une telle expérience mérite un regard scientifique, aussi bien évaluatif que critique, ainsi qu’une vulgarisation à titre d’information que technique. Et c’est cette suite, qui  motive sa soumission au CRASC au titre de Projet établissement.

  Ce projet (CRASC), se présente comme une interface « scientifique » au projet pilote « la maison constantinoise » consistant en une opération de restauration et de réhabilitation d’une maison constantinoise représentative du patrimoine architectural située en plein cœur de la médina.

 En d’autres termes l’orientation du projet proposé ici vise l’élaboration d’un  champ dans lequel viennent s’inscrire les péripéties de l’expérience  menée sur le terrain.

 Ce « carnet de route » sera donc un « mémorandum  » à caractère scientifique, comprenant à la fois les aspects « évaluatifs » et critiques de l’opération menée sur le terrain.

Le travail de terrain mené par des universitaires ne peut donc se départir d’une somme d’enseignements à tirer et donc susceptible d’être répertoriée  et transmise pour assister les spécialistes du patrimoine à élaborer des stratégies d’intervention en milieu urbain « vernaculaire ».

 Le projet proposé permettra  donc au CRASC (par l’intermédiaire de l’équipe en place )  d’être partie prenante du projet en tant que structure « scientifique », assurant l’animation, l’évaluation et la publication des résultats de cette opération sur le patrimoine bâti.

 Considérant, la phase actuelle du « projet pilote » sur le terrain, le présent travail sera axé sur :

 1.       La définition des enjeux et des stratégies d’intervention en milieu patrimonial urbain

Cet aspect  devra mettre l’accent sur les volets juridiques, gestionnaires et techniques participant.dans les opérations d’interventions sur le patrimoine bâti. Il est également question de « scruter » le rôle des « associations » à caractère culturel ou social et d’évaluer leur degré de participation.

2.       L’élaboration d’une base de données

Elle regroupera les « objets » et les éléments architecturaux (répétitifs ou singuliers) figurant dans l’habitation traditionnelle de Constantine. Cette opération s’appuiera sur une approche de la maison, étudiée sous un angle d’archéologie architecturale. Il sera donc question de construire un répertoire d’éléments architecturaux, architectoniques et décoratifs comme référents incontournables d’une « situation » stylistique spécifiant l’architecture de la maison constantinoise. Ce registre constituera le corpus des « génotypes » à même d’inspirer et de guider les « restaurateurs » dans les opérations de terrains.

3.       L’élaboration d’un état des lieux du corps des métiers,

L’artisanat, surtout celui attaché aux cultures constructives (en rapport au patrimoine), sera l’objet d’une étude particulière. Après avoir établi un état des lieu, l’objectif vise une réflexion sur :

·        Le rétablissement des modes de transmission (Ecole-Chantier) d’un savoir-faire aux jeunes générations ;

·         le mode d’insertion des corps de métiers dans les interventions sur le patrimoine bâti

·        la formation des artisans spécialisés (établissement de programmes pour la  formation professionnelle et universitaire du type LMD).

 Méthode d’approche

Le projet proposé possède également son autonomie, même s’il va jouer le rôle d’interface.

 En effet, il ne doit pas se complaire dans une posture « voyeuriste », au contraire il participe également à défricher le terrain en prenant en charge des « missions exploratoires ».  Ces dernières seront le préalable à la mise en route du projet pilote « la maison constantinoise ».

 Dans cette optique et considérant les axes définis ci haut, la méthode d’approche correspond à la nature des résultats attendus.

 En premier, la définition des enjeux et des stratégies d’intervention en milieu patrimoniale commande l’identification des procédures en usage, les intervenants (administratifs, financiers, gestion,…), les techniques et les appuis juridiques.  Il est donc loisible d’approcher les services locaux  et les associations (culturelles ou sociales) concernés par ces opérations pour restituer les «mécanismes» opératoires. Il s’agit de définir les limites et les prérogatives, les motivations et les attentes de toutes les parties prenantes. Le mode envisagé ne peut s’accomplir que par une série d’enquête menée directement auprès des services en charge du patrimoine. 

  En second lieu, l’élaboration d’une base de données regroupant les éléments architecturaux des habitations s’opère par un travail de terrain consistant à conduire une véritable tâche « archéologique ». Ainsi il sera procéder à la localisation, l’identification, le relevé et la classification des « objets »  dans un corpus. Cette mission consistera à effectuer des relevés (dessinés et photographiques), qu’il conviendra de classer et d’agencer  dans une construction typologique.  

 Enfin, évaluer un état des lieux des corps des métiers à Constantine, particulièrement ceux en rapport avec le patrimoine demande une enquête de terrain pour faire ressortir les « spécialités » artisanales, l’organisation corporatiste et enfin la formation ou les modes de transmission des savoirs. Il sera également question d’identifier les « métiers » qui avaient participé à l’élaboration de cette « architecture » et de déterminer ceux qui avaient totalement disparus.

 En résumé, l’approche envisagée tend à  « défricher »  le terrain, en :

·        identifiant les acteurs et les intervenants,

·        construisant un « registre » patrimonial (sous sa mouture matérielle)

·        de « récupérer »  le corps des artisans (« disqualifié »)  susceptible de contribuer effectivement dans les opérations de sauvegardes et surtout de transmettre son savoir séculaire (approprié aux situations de sauvegarde du patrimoine).    

 

Bibliographie

 
Brandi Césare

Théorie de la restauration. Mounum.Ed. Paris.2000

Boito Camillo

Conserver ou restaurer. Les dilemmes su patrimoine. Les eds. De l’imprimeur. Paris 2000.

Babelon J-P. Chastel A.

La notion du patrimoine. Ed.Lana-Levi.Paris.1999.

Mansour A.

Sauvegarder le cadre bâti ancien. Que faire et comment faire. In Habitat Tradition Modernité. N°3. pp.165-183 

Choay F.

L’allégorie du patrimoine. Ed. du seuil .Paris.1992

Benhassine O

Architecture et artisanat. Urgence pour un artisanat en péril. In ARCHIBAT. N°11.Dec.2005.pp 59-61.

Audrerie D.

La notion de la protection du patrimoine. Ed. PUF. Paris. 1997.

Mohen J-P

Les sciences du patrimoine. Identifier conserver restaurer. Eds Odile-Jacob.Paris.1999.

Lesage D

Histoires de décors. In ARCHIBAT N°11. Dec.2005. pp. 24-29.

Koumas A

Le patrimoine comme réserve scientifique de référence. In Habitat Tradition Modernité. N°1. Oct.1993. pp. 45-56. 

Pinson D

Usage et architecture Ed. L’Harmattan. Paris.1993.  

 

 

PERSPECTIVES

  • Elaboration d’un corpus regroupant les éléments architecturaux figurant dans l’habitation traditionnelle constantinoise.
  • Construction et publication de « manuel » sur les pratiques constructives appropriées au patrimoine bâti. 
  • Mise en place des modes relatifs à la transmission des « savoirs » artisanaux.
  • Elaboration de variantes de « procédures »  relatives aux modes d’intervention en milieu « patrimonial » urbain.
  • Elaboration d’un programme de formation pour des profils de «  gestionnaires » et animateurs en charge du patrimoine dans  le cadre du LMD ou d’une PG spécialisée.

 

Dernière mise à jour de cette page le 28/04/2007

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